BIBA SCHUTZ, MARIA PHILLIPS, SONDRA SHERMAN

La galerie Noel Guyomarc’h présente sa nouvelle exposition, « Biba Schutz, Maria Phillips, Sondra Sherman », qui se tiendra à la galerie Guyomarc’h du 5 au 27 mai 2017.

L’exposition présente le travail de trois artistes américaines majeures dont les pièces, issues de trois processus créatifs et de trois visions différentes, appellent à la réflexion et engagent un dialogue fertile et constructif. Pour Noel Guyomarc’h, exposer ces trois artistes ensemble à la galerie est particulièrement intéressant parce que les trois, d’une certaine manière, expriment une dimension privée, presque “intime”, dans leur travail : une proximité du bijou avec le corps, le concept du foyer domestique, ou encore l’expression d’états psychiques particuliers

Biba Schutz, Roll In, 2017 Broche en argent sterling, bronze, papier fait main, mica, soie, acier 8.9 x 7.6 x 4.4 cm

Après une formation en design graphique, Biba Schutz s’initie seule à la joaillerie et au travail des métaux. Elle crée des bijoux depuis maintenant plus de 20 ans. Intégrant des matériaux souvent inattendus au métal, elle pousse l’expérience jusqu’à lui associer le verre en 2012. De New York où elle vit et travaille, Biba n’a de cesse de se confronter à de nouvelles difficultés techniques. Son travail vise à créer des bijoux qui “explorent” le corps, qui s’animent et se construisent avec lui. Ses pièces participent d’un monde à la fois fluide, mystérieux et intriguant qui libère les émotions et la parole. Ils sont construits sur le corps, en relation physique et émotionnelle avec lui.

En jouant avec l’idée de combinaison et d’intégration, ses dernières pièces intègrent des matériaux divers comme le mica, du papier fait main, du métal ou des matériaux bruts, avec cette idée qu’associés, ces différents éléments construisent un ensemble. Ce procédé lui permet d’évoquer en filigrane la question brulante de l’immigration aux Etats Unis, un sujet qui la touche particulièrement.

Le travail de Biba Schutz est présenté dans les collections permanentes du Racine Art Museum, de la Renwick Gallery du Smithsonian American Art Museum, Museum of Fine Arts-Boston, Corning Museum of Glass, Newark Museum of Art et à la Rotasa Foundation. Elle a reçu le Prix d’Excellence du American Craft Council en 2008 ainsi que le Prix d’Excellence en joaillerie par le Smithsonian Craft Show en 2009. Son travail est régulièrement présenté aux Etats Unis dans des expositions collectives et individuelles.

Maria Phillips, One Shingle Short, 2017 Collier en contre-plaqué, bâtonnets de bois, ficelle

Chez Maria Phillips, le processus créatif a pour point de départ et focus principal l’espace domestique. En recherchant systématiquement dans son intérieur des motifs réguliers ou inattendus, l’artiste s’attache à retranscrire ces moments ordinaires, “quotidiens”, dans ses bijoux, installations, sculptures, dessins et photographies. Le propos de ses bijoux n’est donc jamais les pierres ou les métaux précieux. Il est de regarder différemment, d’attirer le regard sur ce qui ordinairement passe inaperçu dans notre existence quotidienne.

Pour ses dernières pièces, Maria Phillips a travaillé avec le liège, des bâtonnets de glace et divers métaux, tout en s’inspirant du “foyer” pour construire ses pièces. Elle explore ainsi des éléments du langage architectural tout en se livrant à une réflexion sur le caractère “précieux” de ce qu’un chez-soi représente. Une réflexion alimentée par la floraison des bâtiments résidentiels à Seattle, où elle réside, alors que le nombre de sans-abris dans les rues ne cesse d’augmenter. Par ses bijoux, Maria tente ainsi de proposer une réflexion sur ces sujets qui l’interpellent.

Née à St. Louis, Missouri, Maria est diplômée de la Loyola University, New Orleans et de l’University of WA, Seattle. Elle donne de nombreuses conférences et siège régulièrement en tant que jurée invitée. Elle anime également des ateliers dans plusieurs programmes aux Etats Unis. Son œuvre fait partie des collections du Museum of Art and Design de New York, de la Renwick Gallery du Smithsonian American Art Museum, du Tacoma Art Museum, de la Rotasa Foundation ainsi que de nombreuses collections privées. Elle a reçu le Prix d’Excellence John and Joyce pour Mapping Monotony, une installation présentée à la biennale du Bellevue Arts Museum.

Sondra Sherman, Rorschach Corsage, Belladonna, 2013 Broche en acier 10.2 x 10.2 x 4.4 cm

Après s’être consacrée dans un premier temps à la peinture, Sondra Sherman a découvert dans le bijou un médium idéal pour s’adresser à la fois au moi intime et à la part sociale des individus. Un bijou possède en effet, selon elle, ce pouvoir immense d’exprimer une signification personnelle tout en incitant à interagir socialement. Les pièces présentées seront issues de trois séries : “Anthophobia : Fear of Flowers” (2007), “FTD” (2009), et “Rorschach Corsages” (depuis 2013).

Ses broches, dont les contours évoquent les corsages traditionnels aux rubans élaborés, intègrent cependant des formes et des motifs issus de la botanique psychotrope, soit les plantes et fleurs utilisées pour traiter l’anxiété sociale et la dépression tel que l’opium (le pavot), la belladone et le tabac. En associant les deux, son but est d’exprimer dans le bijou un état psychologique ressenti lors des relations sociales, de poser la question des conditions qui favorisent l’anxiété et du besoin grandissant de traitements médicinaux pour la combattre.  Son intérêt pour la botanique psychotrope peut également s’expliquer par les professions de ses parents : un père pharmacien et une mère thérapeute. “FTD”, un acronyme relativement connu pour Florist’s Transworld Delivery, est également l’acronyme de “Formal Thought Disorder”, terme psychiatrique utilisé pour décrire un certain trouble du langage. “Rorschach Corsages”, enfin, a évolué des deux séries précédentes : les broches y sont bilatéralement symétriques, l’avant représentant le personnage public là où les parties latérales de l’arrière évoquent plutôt les états émotionnels ressentis mais non exprimés.

Professeure associée d’art et directrice du programme “Jewelry and Metalwork” à la San Diego School of Art + Design, Sondra Sherman est régulièrement invitée à de nombreuses foires d’arts et autres évènements professionnels. Son travail est présenté dans les collections du Los Angeles County Museum of Art, du Philadelphia Museum of Art, Boston Museum of Fine Arts, New York Metropolitan Museum of Art, New York Museum of Art and Design, au Racine Art Museum, à la Renwick Gallery du Smithsonian American Art Museum, et enfin au Rhodes Island School of Design Museum.

Biba Schutz, Maria Phillips, Sondra Shermansera présentée à la galerie Noel Guyomarc’h du 5 au 27 mai 2017.

Le vernissage de l’exposition se tiendra le 5 Mai à partir de 17h.