22 février 2014 | Jean-Claude Poitras | Le Devoir

Montréal regorge de secrets trop bien gardés, et la galerie Noel Guyomarc’h, dans le Mile End, en fait partie. La salle d’exposition, entièrement consacrée aux bijoux et aux objets contemporains, présente et vend depuis 1996 le best of de la création moderne d’artistes d’ici et d’ailleurs. Ce merveilleux écrin regorge de trésors insoupçonnés qui redonnent leurs lettres de noblesse aux techniques ancestrales et aux métiers d’art. Ce lieu d’exception s’impose dorénavant comme l’un des 35 influenceurs incontournables à l’échelle planétaire.

Sur la route de la joaillerie contemporaine, la galerie rayonne par son dynamisme, son originalité et sa diversité et impose une façon d’être, de faire et de penser qui en fait une véritable figure de proue internationale. La vision fondamentale de Noel Guyomarc’h, Québécois d’origine bretonne, n’a jamais été remise en question en 18 ans d’existence de la galerie, dont l’essence même repose sur la volonté du fondateur d’en faire un laboratoire collectif de créativité et d’innovation.

M. Guyomarc’h ne cesse de s’émerveiller du bouillonnement créatif des joailliers montréalais de toutes les générations. Nous avons une très belle histoire, mais, visiblement, nous l’ignorons ou la connaissons très mal. « Je me souviens » n’est-il pas la devise du Québec ? Et pourtant. Si les designers émergents nous séduisent par leur inventivité et leur talent, il faut bien admettre qu’ils ont pu s’inscrire dans les sillons creusés par de grands artistes comme Walter Schluep, Georges Delrue et George Schwartz, des précurseurs qui ont laissé en héritage leur savoir-faire et leur style.

On ne saurait passer sous silence l’importance de l’École de joaillerie de Montréal, qui célèbre cette année ses 40 ans d’existence pour cette transmission des connaissances et des compétences. Comme école-atelier partenaire du cégep du Vieux-Montréal, cet établissement facilite l’intégration au marché du travail de ses diplômés et répond aux besoins de perfectionnement des joailliers professionnels. Mission accomplie !

De designers à têtes d’affiche
Parmi les nombreux artistes représentés par le galeriste, plusieurs poursuivent une carrière internationale qui les a propulsés de designers à têtes d’affiche. Mentionnons, entre autres, Barbara Stutman, depuis plusieurs années une valeur sûre qui ne cesse de renouveler son style à coups d’audace ; Pierre-Yves Paquette, dont l’oeuvre fascine par son approche singulière basée sur un savant alliage de métaux non conventionnels ; et Gabrielle Desmarais, une surdouée qui propose une recherche esthétique à la fois épurée et complexe privilégiant l’utilisation du bois et des formes organiques.

D’exposition en exposition
En plus des collections permanentes offertes en boutique, la galerie présente des expositions à intervalles réguliers tout au long de l’année. Laissez-moi rêver !, l’exposition à caractère historique et honorifique qui se termine ces jours-ci, rend hommage à Jocelyne Gobeil, une grande collectionneuse et une pionnière décédée en 2005, qui a consacré sa vie à la diffusion et à la promotion de la création de bijoux contemporains.

La prochaine exposition, Duplicata, qui se tiendra du 4 avril au 4 mai, s’articulera autour de la boucle d’oreille, cet accessoire mythique datant de plus de 7000 ans. On pourra y admirer plus de 200 styles éclectiques et sublimes de boucles d’oreille venues de partout dans le monde et qui posent un nouveau regard sur l’actuelle production en création contemporaine. L’exposition sera présentée en juin prochain à la Velvet da Vinci Gallery de San Francisco.

La galerie Noel Guyomarc’h, c’est bien plus qu’une simple vitrine !